Rue Lhomond

            

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Il s'agit de la partie du Clos des Poteries appartenant à la Seigneurie de Sainte-Geneviève, limitée au nord par la rue des Poteries Saint-Servin (rue d'Ulm), à l'ouest par la rue des Marionnettes (au-delà de la rue Claude Bernard), à l'est par la rue des Postes (rue Lhomond), et au sud par la rue de l'Arbalète.

Au XVIIe, la maison était occupée par Jean de Beaurain, géographe du Roi Louis XV à 25 ans grâce à la renommée acquise par la publication de son "Calendrier perpétuel ecclésiastique et civil" qui le fit connaître et reconnaître. Son ouvrage majeur reste "Histoire militaire de Flandre" publié en 3 volumes à Paris 1755-56. Il fut remplacé dans les lieux par Château, oiseleur du Roi qui y montrait une ménagerie.

  En 1952, le carrefour entre les rues Lhomond, Rataud et du Pot de Fer, fut immortalisé par R. Doisneau, où une religieuse pressée passe devant J. Prévert promenant son chien.

L'original de cette photo porte la mention manuscrite "Une preuve de l'existence de Dieu pour Ruth Henry", signé "Robert Doisneau". Elle apparaît, inter alia, sur le blog de la photographe Marion Kalter qui indique en avoir hérité au décès de Ruth Henry qui l'avait reçue de Robert  Doisneau.

Qu'est-ce que le curieux disque qui semble enfoncé dans le mur visible au-dessus de la plaque de rue ?

Ce serait le vestige de l'assise d'un réverbère à gaz qui éclairait le carrefour.

De nos jours, parmi les occupants il y a un journaliste gauchisant et arrogant ayant repris l'appartement d'un animateur de télévision bobo-branchouille, vivant alors avec une starlette délurée, il perpétue en cela une forme de malheureuse tradition extrémiste de gauche, puisque dans les années 1910, c'est au domicile de Jules Grandjouan (1875-1968), dessinateur et militant radical, communiste dès la création du PC, que se trouvait le "Comité Révolutionnaire Antiparlementaire" qui, par cette affiche, montre que Coluche, utilisant l'expression "Palais bourbeux", n'avait rien inventé.  

 Jean Dubuffet (1901-1985) s’installe en 1935, il occupait un appartement dans cette maison et son local de travail était en face au 35, composé de 3 petits ateliers. En avril 1944, ses travaux nécessitant des locaux plus vastes, c’est au 114bis rue de Vaugirard qu’il continua son activité.

"Les murs vétustes du 34 rue Lhomond"

Lithographie de Jean Dubuffet, datée dans la pierre 28 mars 1945 - 3 épreuves siglées (de A à C) et signées et datées sur Arches 

C’est Francis Ponge (1899-1998), avec qui il était lié, qui repris son appartement en 1944.


"Je vais voir Ponge chez lui, rue Lhomond, près du Panthéon, au moins une fois par semaine" in "Un vrai roman. Mémoires", - Philippe Sollers, Plon,  2007

C'est aussi dans cet immeuble, au début des années 50, qu'habitèrent Philippe et Shirley M. avant leur départ pour les USA.

Au début du siècle, pour "coller au marché" dirions-nous de nos jours, les établissements Pons fabriquaient ici toutes sortes de cierges, ce qui, vu la densité des congrégations, chapelles et églises dans le quartier, devait être un commerce florissant.

Auparavant, dans la dernière partie du XIXe, ce fut l'adresse d'un hebdomadaire dédié à la vie étudiante, "La voix des écoles" dont j'ignore le succès qu'il eut.

L'Illustration n°1832 - 6 avril 1878

Le plan de Jubert de Basseville ci-dessous, dressé en 1739 montre la partie Ouest de la rue avant le percement des rues Vauquelin et Courcelle-Seneuil (maintenant Pierre Brossolette) jusqu'à la rue de l'Arbalète.

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Au milieu des années 30, que l'acteur Claude Dauphin, frère de Jean Nohain, partageait avec l'intellectuel antifasciste exilé à Paris Léo Ferrero un studio ainsi que le relate leur grande amie l'actrice Corinne Luchaire :

"Claude Dauphin, très affectueux avec mon père, rappelait le temps où nous habitions rue Claude-Bernard et où il partageait un atelier avec Léo Ferrero tout près de chez nous, rue Lhomond."

In "Ma drôle de vie" - Corinne Luchaire - Editions Sun - 1949

Corinne Luchaire

Claude Dauphin


Léo Ferrero

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▶ On trouve ici l'entrée sur cour de l'"Ecole primaire publique Pierre Brossolette", bâtiment moderne, anciennement "Collège Rollin" (aujourd'hui avenue Trudaine, sous le nom de "Lycée Jacques Decour"), dont l'entrée principale se trouve sur la rue éponyme (ex rue de Courcelle-Seneuil) ouverte en 1923 sur les terrains de "Dames Saint Thomas de Villeneuve".


▶ Postérieurement au "Collège Rollin" ce fut (à droite) en 1882 le site de l'EMPCI - "Ecole municipale de physique et chimie industrielle de la ville de Paris" (dont la première adresse fut au n°42) avant que le siège de celle-ci ne soit transférée en face, avec entrée par la rue Vauquelin et n'adopte en 1948 la dénomination "École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris", puis en 2008 "ESPCI Paris Tech".

Cour intérieure de l'EMPCI de la ville de Paris et le hangar qui fut le premier laboratoire de Marie Curie

Cliquez sur la vignette pour agrandir

40 rue Lhomond par E.Atget (1900)

▶ Auparavant, en 1649 à l'instigation de Marie Courtin, veuve de Billard, sieur de Carouge, en faveur de sa nièce Catherine Bachelier, les lieux étaient occupés par les "Bénédictines de la Présentation-de-Notre-Dame". C'est dans ce prieuré édifié aux environs de 1720,  que, dit-on, Madame de Staël habita avant d'entrer au service de la duchesse du Maine. Les bâtiments de cette époque subsistaient encore lorsque le photographe Eugène Atget les fixa en 1900.

▶ En 1908, Louis Jouvet habite 37 rue Lhomond, il a 21 ans, totalement inconnu, il est étudiant à la faculté de pharmacie de Paris, tout en s’adonnant déjà à la passion qui l’animera sa vie durant, le théâtre. Son été est fort occupé, on peut en voir le détail dans sa lettre à sa cousine Aline Bordas, dont des extraits sont publiés dans la « Revue d’histoire de la Pharmacie » (N°269 - 1986 - p.134 « Encore Jouvet et sa cousine » - Pierre Julien) qu’il est possible de lire ICI.


"Rien de plus futile, de plus faux, de plus vain, de plus nécessaire que le théâtre.”

▶ C’est ici que fut longtemps conservée une riche bibliothèque, reconnue comme l’un des foyers de lecture et de documentation roumaine en France. Il s’agit de la bibliothèque Pierre et Marie Sergescu. Marie Kasterka (1894-1969), née à Varsovie, Roumaine d’origine, écrivain et journaliste et femme, du célèbre mathématicien Roumain Petre Sergescu (1893-1954).

in "Le verbe et l'histoire : Mickiewicz, la France et l'Europe" sous la direction de  François-Xavier Coquin et Michel Masłowski - Institut d’Etudes Slaves - 2002

Rue Lhomond, vue du coin de la rue Rataud vers la place Lucien Herr, ca. 1940 et de nos jours

Du 34 au 40