Rue Lhomond

            

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Préalablement au bel immeuble d'habitation en pierre de taille construit en 1906-7 après le percement de la rue Curie, se trouvait avant la Révolution une dépendance du couvent de la Visitation Sainte-Marie établi dans le faubourg Saint-Jacques (187-193 rue Saint-Jacques), puis un casernement sous l'Empire, et, à partir de 1819 la maison de correction du "Couvent des Dames de Saint-Michel", qui, auparavant, avaient occupé jusqu'à la Révolution les bâtiments des 38 et 40 de la rue Lhomond, qui seront ultérieurement évoqués.

De 1826 à 1847, la maison de correction émigra au 193 rue Saint-Jacques, alors située dos à dos avec ce bâtiment. Les lieux seront ensuite occupés un temps par les "Soeurs de Saint-Joseph de Cluny" avant qu'elles ne s'installent, un peu plus bas dans la rue Lhomond, au n°41.

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Ici, s'élève un immeuble d'habitation de 8 étages, construit par l'architecte Fouquet sur un permis de construire de février 1933, dont le style massif et bien typique de l'époque.

Cette gravure provient des illustrations de Histoire naturelle générale et particulière - Blanchard, graveur, BNF, d'après une tête en cire de Mademoiselle Biheron, l'enfant ayant servi de modèle est née en octobre 1776 et n'a vécu que quelques heures.

   Sur le même trottoir, sans doute dans la portion comprise entre les rues d'Ulm et Amyot à un numéro que je n'ai pas pu déterminer avec précision se trouvaient le domicile et le cabinet d'anatomie de Mademoiselle Marie Margueritte Bihéron.

Née en novembre 1719, elle est restée célibataire, dévote, vivant seule et, après avoir étudié le dessin sous la houlette de Madeleine Basseporte, sur son conseil, elle s'essaya à la conception de pièces artificielles d'anatomie en cire et chiffons, prenant les enseignements des chirurgiens Morand et Dubourg. Elle partit à Londres perfectionner sa technique, et conçut, par exemple, un corps entier de femme qui s'ouvrait, permettant l'examen des parties intérieures qui pouvaient être placées et déplacées à volonté.

En 1761, elle envoya un coeur en cire au Roi du Danemark comportant différentes coupes qui permettaient d'étudier sa structure. Elle modelait ses imitations sur les cadavres mêmes qu'elle conservait dans son jardin. Le succès fut complet, si tant est qu'elle ouvrît tous les mercredis son cabinet au public pour des visites payantes, son activité étant devenue lucrative destinée à lui assurer une subsistance. Madame de Genlis, ou Grimm,s’enflammèrent pour son talent, Diderot, son voisin du 3 rue de l'Estrapade (dont il semble qu'elle occupa le logement lorsque celui-ci le quitta en 1754), la visitait souvent et finalement, après sa mort, en 1786, les pièces de son cabinet furent rachetées par l'ambassadeur de Russie pour l'Impératrice Catherine II.


Du numéro 8 au numéro 26 se trouvait les locaux et la chapelle de l'"Ecole Sainte-Geneviève", célèbre sous son surnom de "Ginette", jusqu'au retrait des Jésuites, conséquence de la loi Falloux, et avant sa 'renaissance' à Versailles en 1913. Seule la chapelle subsiste, comme expliqué ci-dessous au numéro "10".

                    Cliquer sur le bouton pour aller directement sur la page dédiée à "Ginette"

En 1973 le nom se change en BELC (Bureau pour l'Enseignement de la Langue et de la Civilisation françaises à l'étranger) après fusion avec le CREC (Centre de Recherche pour l'Enseignement et la Civilisation)

L'ensemble qui fait le coin des rues d'Ulm et Lhomond (au n° 8 & 10) est actuellement occupé par le "Foyer Franco-Libanais", résidence d'étudiants de 60 places, et l'église chrétienne de rite maronite "Notre-Dame du Liban".

Depuis 1892, ce culte est autorisé en France, il s'exerça d'abord dans la chapelle du Petit-Luxembourg avant de s'établir à sa présente adresse.

En effet, dans le sillage de la séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905), les Jésuites de l'Ecole Sainte Geneviève de la rue des Postes ont dû abandonner toute leur structure éducative ainsi que la chapelle qui est affectée au culte maronite en 1915 et inaugurée le 16 juillet de cette même année sous le patronage de Notre-Dame du Liban.

C'est en 1937 que sera créé le Foyer autour de l'église.

Comme indiqué par ailleurs, c'est l'architecte Jules-Godefroy Astruc qui construisit cet édifice, pastiche néo-gothique, qui mesure 44 mètres de longueur sur 21 mètres de large. Il comprend une vaste nef de six travées, bordée de chapelles latérales et d'une abside à neuf pans. L'architecte a banni tout ornement superflu : la construction apparente, les joints de pierre, les chapiteaux sculptés et la proportion des trois parties suffisent à la décoration. L'église conserve la plus grande partie des vitraux du maître verrier Emile Hirsch, en particulier ceux du choeur.

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Une femme célibataire, expérimentée, qui collecte et prépare des curiosités dans le cadre d’une activité savante à finalité pédagogique et scientifique est, en ce domaine et à cette époque, figure d’exception.

Pendant 32 ans, de 1962 à  février 1994, avant de déménager à Sèvres, les bureaux du BELC se trouvaient dans cet immeuble.

Le BEL (Bureau d'Etudes et de Liaison pour l'enseignement du Français dans le monde) est créé en 1959 et s'installe au 9 de la rue en 1962. Ce bureau est le service technique de l'association pour l'étude des moyens d'enseignement et de diffusion de la langue française. Le but de cet organisme est de préparer et encadrer les professeurs détachés à l'étranger, elle publie à partir de mai 1961 une revue : "Le Français dans le monde".

Ecole Sainte-Geneviève

Du 6 au 10

"La petite revue « Arts et Idées » a été fondée en mai 1936 par un groupe de jeunes gens qui jugèrent opportun d’affirmer et de témoigner que l’amour des lettres n’a pas à être subordonné aux querelles politiques et qu’il existe encore l’Art sans étiquette ".

Ce sont les mots d'André Gide au sujet de la revue publiée  entre 1936 et 1939, sous la direction de Lucien Combelle, son ancien ancien secrétaire, ami de Louis-Ferdinand Céline et de Paul Léautaud, 19 numéros parurent et, parmi les contributeurs, on trouvera Francis Carco, Jean Cocteau, Georges Duhamel et bien d’autres.

"Jeunes essayistes, jeunes poètes, jeunes romanciers. Nous vous offrons une revue indépendante, éclectique sans […] politique que vous soyez à "droite" ou à "gauche" cela n’a pas d’importance. Envoyez-nous vos manuscrits". (3e de couv du n°18)

⇐ En cliquant sur la vignette on peut consulter le numéro n°1

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